Préparer une sortie photo macro. Parce que se lever à 5h du matin pour rien ce n’est pas drôle !

Vous avez vu sur un forum, un site, un blog (celui-ci peut être ;) ) de belles photos d’insectes couverts de rosée au lever du soleil. La belle lumière et les gouttelettes brillantes vous ont donné envie de faire, vous aussi, ce type de photo.

Courageux, vous avez réglé le réveil de façon à être sur le site un peu avant le lever du soleil.

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Si la température est trop élevée, la rosée disparait en quelques minutes. Privilégiez les matinées fraiches pour pouvoir en profiter ! Libellule à quatre tâches, 105mm macro.

Le site ? Une prairie où vous voyez souvent voler des papillons et quelques grosses libellules. Ils doivent bien se poser quelque part pour dormir non ? Avec un peu de chance vous les trouverez ce matin !

En arrivant devant la prairie, le ciel se teinte de ses premières couleurs. Vous vous rendez vite compte que la forêt qui borde la prairie va laisser le site dans l’ombre pendant au moins une heure, le temps que le soleil passe au dessus de la cime des arbres. Adieu la belle lumière !

Pas complètement découragé, vous vous mettez en quête des libellules aperçues la veille. Quête qui reste sans résultat. D’ailleurs c’est inutile car ces libellules invisibles sont des genres aeschnes et anax, passant, pour la plupart des espèces, la nuit dans les arbres.

Un peu déçu, vous avez quand même pu photographier un petit argus, placé un peu à l’ombre. La rosée ? Avec cette chaleur, cela fait 30 minutes qu’elle s’est évaporée.

Pourtant, quelques outils et recherches vous auraient permis d’aller directement vers une autre prairie, à quelques kilomètres de là, bien éclairée et riche en petites bêtes où vos photos auraient été sans aucuns doutes meilleurs !

Pour éviter ce genre déconvenue, voyons comment préparer la prochaine sortie macro !

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Aeschne bleue et épeire fasciée, deux sujets de fin d’été.

Ça y est, voici le mois de septembre ! Nos petites bêtes favorites sont toujours là mais il faut bien admettre qu’elles se font plus rares suivant l’endroit de France où on se trouve. Ce n’est plus l’effervescence de début juillet.

Faudrait-il déjà ranger le matériel en attendant la saison prochaine ? Bien sur que non !!

Car si le calendrier des insectes et autres bestioles a prévu des sujets en mars-avril pour commencer la saison, il en a aussi prévu pour le mois de septembre (et même octobre pour les plus chanceux) pour la finir en beauté !

Aeschne bleue femelle, l'une des grandes odonates de fin de saison. Sony A99, 105mm macro.
Aeschne bleue femelle, l’une des grandes odonates de fin de saison. Sony A99, sigma 105mm macro.

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Les grosses petites bêtes du sud, deuxième partie !

Il est maintenant temps de quitter la friche pour se diriger vers la lisière de la forêt. La nuit tombante laisse entendre le vrombissement de gros coléoptères, très gros même puisque le lucane cerf-volant, Lucanus cervus, peut dépasser les 8 centimètres de long !

Lucanus cervus à la recherche d'une femelle.
Lucanus cervus à la recherche d’une femelle.

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Photographier les libellules en vol c’est facile ! Voici quelques techniques pour débuter.

Photographier les libellules en vol…

Photographier les libellules en vol avec une belle lumière et un beau fond n’est pas aussi technique que l’on pourrait le croire ! Ici pas question de barrières laser ni de multiflash sans fil, il suffit de se rendre au bord d’un étang et d’observer.

Aeschne affine en vol
Aeschne affine mâle en chasse. Cet individu effectuait régulièrement des vols stationnaires d’une dizaine de secondes.
En déclenchant plusieurs fois en rafale, j’ai pu obtenir plusieurs images nettes.

Le vol chez les libellules est, comme le reste, différent selon les espèces. Nous pouvons distinguer 3 genres. Les zygoptères qui volent de perchoir en perchoir ou au ras de l’eau à la poursuite de leurs proies, les anisoptères de type “percheur” qui attaquent leurs proies depuis un perchoir et les anisoptères “patrouilleurs” qui volent en permanence au dessus de l’eau avec parfois des vols stationnaires.
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Photographions les larves et émergences de libellules.

Si la larve n’est pas aussi photogénique que l’insecte adulte elle est intéressante par les comportements qu’elle peut avoir.

Pour la photographier dans de bonnes conditions, il faut la sortir de son élément naturel à l’aide d’une épuisette et la placer dans un aquarium préparé à l’avance. L’eau sera ainsi bien plus claire que celle de la mare, le décor plus adapté à la photographie et la larve ne pourra pas s’enfuir.
Des flashs électroniques seront nécessaires pour éclairer le sujet. Si la séance photographique est de courte durée, la larve sera remise à l’eau immédiatement après.

Larve d'anax empereur
Larve d’anax empereur sur fond blanc. Pour cette photo, il a fallu sortir la larve de l’eau à l’aide d’une pince souple.
C’est une opération sans danger pour la larve qui peut supporter plusieurs jours de sécheresse.

Par contre pour capturer des comportements comme la détente du masque vers une proie ou la mue, la larve peut être conservée plusieurs jours en prenant garde à changer l’eau régulièrement et à nourrir la larve avec de petits invertébrés soit pêchés dans une mare soit achetés en animalerie (vers de vase). Personnellement, pour de grosses larves d’aeschne et d’anax, j’utilise les petits vers de terre du compost.

La proie sera lâchée dans l’eau, près de la larve. Si celle-ci a faim, elle se montrera tout de suite intéressée, s’approchera doucement et dépliera son masque qui ramènera la proie vers ses mandibules. La capture est très rapide et demandera sûrement plusieurs essais avant d’obtenir un résultat satisfaisant.

Au bout d’une période variant selon les espèces, la larve s’immobilise et entame sa mue. Ce processus est assez lent, mais n’intervient qu’une dizaine de fois dans la vie de la larve. Il faut donc la surveiller attentivement sous peine de devoir attendre au mieux une semaine, au pire plus d’un mois la mue suivante.

Larve d'anax dans un aquarium
La même larve, à l’affut. Un éclairage indirect est necessaire afin d’éviter les reflets.
Ici, un flash en hauteur équipé d’une boite à lumière et un autre placé à droite, à 90°.

Il est possible de conserver la larve jusqu’à l’émergence, c’est-à-dire, jusqu’à sa transformation en libellule adulte. Pendant la croissance de la larve, il est nécessaire de l’identifier et de se renseigner sur les conditions d’émergence de l’espèce. En effet, certaines auront besoin de parcourir une grande distance avant d’émerger, d’autres auront besoin d’un support horizontal, d’autres encore émergeront au milieu de la nuit.

Pour commencer, il est préférable de capturer une larve d’anisoptère au dernier stade, plus précisément, une larve d’aeshna cyanea, grande espèce très commune, très tolérante par rapport à la qualité de l’eau et résistant à la chaleur.

Les premiers signes de l’approche de l’émergence chez cette espèce seront l’augmentation de la surface des yeux. Ceux-ci vont progressivement augmenter en taille jusqu?à se joindre en une courte ligne. Ensuite la larve cessera de s’alimenter. Il faut alors la surveiller attentivement car l’émergence est très proche. D’une façon générale, elle intervient surtout la nuit ce qui permet à la libellule de s’envoler avec les premiers rayons du soleil.

La larve montera sur le support, branche ou tige végétale, que l’on aura placé dans l’aquarium à cet effet. Il va de soi que ce support doit dépasser de l’eau de plusieurs centimètres. Après quelques minutes d’immobilité, la peau de la larve se fendra à la base de la tête et la libellule adulte commencera à sortir. Elle se laissera pendre en arrière plusieurs minutes afin de laisser ses pattes puis se redressera et dégagera son abdomen de la dépouille larvaire. Ses ailes et son corps s’étendront sous l’action d’un fluide corporel, l’émolymphe. Arrivée à taille adulte, la libellule effectuera un premier vol, se posera, achèvera son séchage puis partira.

Emergence de l'anax empereur
Anax empereur 2h30 après le début de l’émergence.
Cette espèce n’a pas besoin de s’éloigner de l’eau mais émerge au milieu de la nuit. On ne peut pas tout avoir !

La durée de l’émergence varie selon les espèces mais les deux que j’ai pu observer, chez cordulia aenea et anax imperator, ont durée environ 3 heures… il faut donc avoir du temps devant soi !

Vous pouvez voir la totalité de l’émergence de l’anax empereur ici !

 

 

Comment photographier les libellules : matériel et approche.

Approche et matériel

En premier lieu, un minimum de connaissances sur ces insectes est nécessaire. Les libellules sont divisées en deux groupes. Les zygoptères comprennent les plus petites espèces, elles se reconnaissent par leur abdomen en forme d’allumette. Les anisoptères sont généralement plus grands. Une bonne façon de différencier les deux genres est d’observer la façon dont la libellule place ses ailes lorsqu’elle est posée. Si elle les regroupe verticalement au-dessus du thorax, il s’agit d’un zygoptère, si elle les garde écartées, à plat ou légèrement vers l’avant, c’est un anisoptère.

Aeschne bleue perchée dans un arbre
Aeschne bleue, anisoptè

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L’émergence d’Anax Imperator, l’Anax empereur

L’Anax empereur est la plus grande libellule d’Europe, elle peut dépasser les 10 cm d’envergure.

La larve de cette espèce est aussi la plus grande que l’on puisse trouver dans les mares et étangs. Elle passera deux années dans l’eau.

L’émergence se produit au printemps de la seconde année. La larve cesse de s’alimenter quelques jours avant et effectue plusieurs sorties hors de l’eau afin d’adapter son système respiratoire à l’air libre.

L’émergence se produit la nuit ou très tôt le matin, la libellule prenant son envol avec les premiers rayons du soleil. La série de photographies ci dessous a commencée à 1h30 du matin pour se terminer 3 heures plus tard.

Emergence de l'anax empereur en studio sur fond blanc