Comment photographier les libellules : matériel et approche.

Approche et matériel

En premier lieu, un minimum de connaissances sur ces insectes est nécessaire. Les libellules sont divisées en deux groupes. Les zygoptères comprennent les plus petites espèces, elles se reconnaissent par leur abdomen en forme d’allumette. Les anisoptères sont généralement plus grands. Une bonne façon de différencier les deux genres est d’observer la façon dont la libellule place ses ailes lorsqu’elle est posée. Si elle les regroupe verticalement au-dessus du thorax, il s’agit d’un zygoptère, si elle les garde écartées, à plat ou légèrement vers l’avant, c’est un anisoptère.

Aeschne bleue perchée dans un arbre
Aeschne bleue, anisoptè

Agrion jouvencelle-zygoptère
Agrion jouvencelle, zygoptère

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel que soit le groupe, la libellule est un insecte dépendant de l’eau. En effet c’est dans l’élément aquatique que la larve va vivre et se développer parfois durant 5 années, avant de se transformer en insecte adulte.
Après l’émergence, l’insecte entame son existence aérienne durant laquelle il chassera d’autres insectes, se reproduira et défendra son territoire.

Les milieux fréquentés diffèrent selon les espèces. Certaines comme les caloptéryx ou les cordulégastres ne se rencontreront qu’à proximité d’un cours d’eau rapide. La présence de l’aeschne des joncs dépend justement de l’existence de joncs. L’agrion nain a une préférence pour les milieux temporaires…

Les occasions de rencontrer des libellules sont donc présentes à chaque fois qu’il y a de l’eau douce.

Dans un premier temps, le photographe à tout intérêt à se rendre au bord d’une mare ou d’un étang, en pleine saison, de début juin à fin août. Ce sont des milieux présentant une grande diversité d’espèces, le choix d’un sujet photographique sera très diversifié.

Le matériel

Avant de commencer notre ballade photographique, une rapide mise au point sur le matériel.
En théorie, la photographie de libellule est possible avec n’importe quel type d’appareil photo, du compact pour les plans larges au moyen-format pour la prise de vue très haute résolution d’un insecte parfaitement immobile. Cependant, un reflex numérique ou argentique est préférable pour sa rapidité de mise en action, sa gamme optique permettant de passer du très grand angle au super-téléobjectif rapidement, sa prise en main qui limite les tremblements, son autofocus rapide…

Pour les libellules, n’importe quel reflex conviendra pourvu qu’il possède un bon viseur. Je n’utilise la rafale ou l’autofocus que dans des cas bien précis mais ceci concerne uniquement ma pratique personnelle.
La partie la plus importante de l’équipement est à mon sens le ou les objectifs que l’on montera devant ce reflex ainsi que le trépied qui supportera l’ensemble du matériel.

L’objectif

L’objectif doit être un “macro” pouvant atteindre le rapport de reproduction 1/1 ( si votre libellule mesure 30mm de long, l’image d’elle formée sur le capteur mesurera également 30mm de long ) sans accessoire. C’est le cas de la majorité des objectifs macro présents sur le marché.

La focale de 90, 100 ou 105 mm selon les fabricants est un bon point de départ. Ni trop longue ni trop courte, elle offre une distance pare-soleil/sujet encore importante au rapport 1/1 et reste utilisable à mains levée.
Le choix de la marque se fait en fonction du budget, les prix pouvant varier du simple au double entre un Sigma et un Canon, le second apportant un moteur autofocus plus rapide, silencieux, précis, la stabilisation, une qualité optique supérieure et le fameux liseré rouge des séries L. Il n’en reste pas moins que ces avantages techniques doivent être relativisés compte tenu du fait que l’on utilisera le plus souvent la mise au point manuelle et que l’on travaillera sur trépied dès que possible.

Le trépied

J’en viens donc au trépied, “accessoire” selon moi indispensable. En macro, il doit être léger, rapide à mettre en oeuvre et surtout pouvoir descendre très près du sol.
Le poids de l’ensemble “reflex amateur + 105 mm” ne dépassant pas 2 kg, il n’est pas nécessaire de prendre un modèle pouvant en supporter 8 ! une capacité de 4 ou 5 suffira largement. En y ajoutant une rotule-ball de bonne qualité ainsi qu’un plateau rapide on aura un ensemble stable, rapide à mettre en place et efficace.

Avec cet équipement de base, nous pouvons maintenant partir à la chasse aux libellules !

Première approche

Première étape : la prospection de plusieurs sites susceptibles d’accueillir nos sujets. Un coup d’oeil sur une carte ign au 25000 ème permet de localiser les petites mares et cours d’eau à proximité du domicile.
La carte permet aussi de se faire une idée du milieu : foret, champs, pré… et de l’altitude qui, nous le verrons, a son importance.

Une fois au bord de la mare ( un jour de beau temps de préférence ! ), un constat s’impose, les libellules sont partout ! En nombre plus ou moins important d’accord, mais elles se trouvent vraiment partout, en vol au dessus de l’eau, posées sur les plantes aquatiques, dans la végétation de la berge, sur les arbres… et surtout elles n’arrêtent pas de bouger !

C’est la première difficulté rencontrée par le photographe de libellule. Tant que la température reste au-dessus de 20°c et que les conditions climatiques sont clémentes ( pas ou peu de vent ni de nuages ), les libellules rechargées par les rayons du soleil resteront en mouvement et l’approche sera difficile.

Mais ce sont ces conditions qui permettront de photographier des comportements intéressants : accouplements, chasses, vols…

Par contre si nous voulons capturer un portrait en gros plan ou un plan large avec une belle lumière, il faut changer d’approche.

Les plus belles lumières, c’est connu, sont celles du matin et du soir. C’est donc à ces moment là que nous allons nous rendre au bord de la mare. Le repérage en pleine journée prend ici tout sont sens : le photographe sait à l’avance si cela vaut la peine de se lever avant le soleil ou pas !
Arrivé sur le terrain, deux constats : on n’y voit pas grand-chose, le soleil n’est pas encore levé mais surtout, aucune libellule ne vole. Posées pour la nuit, elles ne reprendront leurs activités qu’après le lever du jour, quand la température sera suffisante.

En attendant il faut les chercher dans les herbes autour de la mare, sur la végétation des berges, dans les roseaux et sur tout ce qui peut constituer un support.

Il peut aussi sembler que les libellules endormies sont moins nombreuses que pendant la journée. Certaines espèces comme les aeschnes passent la nuit dans les arbres, d’autre anisoptères s’éloigneront du plan d’eau. Mais il y a déjà de quoi s’occuper près de l’eau : portrait d’agrion, plan large de lestes dans les roseaux ou encore libellule déprimée aux ailes couvertes de gouttes de rosées.

Orthetrum réticulé les ailes couvertes de rosées.
Orthetrum réticulé les ailes couvertes de rosées. Un matin de Juin, vers 6h.


6 pensées sur “Comment photographier les libellules : matériel et approche.”

  1. par contre, je suis incapable de faire de la macro avec un trépied ! il m’embarrasse …, je n’arrive pas à faire la mise au point avec, je suis plus libre de mes mouvements seulement avec l’appareil, sans trépieds et sans flash … c’est très personnel … et pourtant j’avais préparé le trépieds pour les photos de naissance de papillon… et j’ai attendu l’appareil à la main et l’oeil dans le viseur, car impossible de faire la mise au point au millimètre (il n’a pas de rotule) …
    Véronique Brosseau Articles récents…J’y vais …My Profile

  2. Ah oui, utiliser ou pas le trépied c’est très personnel. Pour ma part, je suis incapable de m’en passer !
    Il faut dire aussi que la plupart de mes sujets sont fixes. Avec un papillon en pleine journée, je prend l’appareil à la main. Sinon le temps de déplier le trépied, le papillon est déjà 10 mètres plus loin !

  3. Merci pour tous ces conseils précieux !
    Je crois que je vais me laisser tenter pour quelques prises dès que le temps sera venu où l’on pourra de nouveau en observer par chez moi (Nord).

    Cédric.

  4. Bonjour, je vais me lancer d’ici cette été à la photographie de libellules (les petites fées des marais)
    J’ai bien lu vos conseilles et vous en remercie, mais vous ne dites pas à quelle ouverture F/
    Vous avez prit vos photos, par exemple les 2 que vous avez mit sur cette page.
    Merci d’avance pour votre réponse.
    Cordialement Anick

    1. Bonjour et merci pour votre passage !

      Les deux photos en début d’article ont été prises avec un 180mm macro, l’aeschne bleue à F3,5 et l’agrion à F4. Les grandes ouvertures permettent d’obtenir plus facilement un fond flou, que je préfère, mais il est alors plus difficile voir impossible, d’avoir l’insecte entièrement net. A vous de voir ;)

      Clément

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