L’aeschne des joncs : portrait d’une libellule d’altitude !

Le silence règne presque au bord du lac. “Presque” car il faut exclure le bruit des nombreux visiteurs, des chiens, des voitures et des motos…mais après tout le lac Guichard est accessible à tout le monde !

Aeschne des joncs en fin d’émergence, après la pluie.

De ce “presque-silence” émerge parfois un bruissement que l’oreille ne tarde pas à repérer et dont les yeux découvrent l’origine : une grande libellule bleue volant au raz de la végétation aquatique, l’aeschne des joncs !

Aeschne des joncs mâle en patrouille.

Aeschna juncea est une espèce assez commune des lacs de montagnes entourés de végétations (très important pour le développement de l’insecte !) à partir de 700m d’altitude jusqu’à plus de 2000m.

Le mâle patrouille le long des frontières de son territoire à la recherche d’une femelle, cachée dans la végétation et ne se pose que très rarement.

Une fois celle-ci trouvé, il fonce dessus et l’agrippe fermement à l’avant du thorax. Les grandes odonates ne font pas dans la dentelle et le consentement mutuel est rarement de la partie !

Coeur copulatoire : la mâle est à gauche, la femelle à droite.

Le cœur copulatoire ainsi formé prend son envol et ira se posé un peu plus loin pendant quelques dizaines de minutes.

Une fois terminé, chacun retourne à ses occupations : la femelle ira pondre des œufs dans la végétation aquatique et le mâle défendra son territoire.

La rencontre avec un autre mâle d’aeschne des joncs est aussi violente que l’accouplement : le gardien du territoire accélérera jusqu’à percuter son adversaire puis le poursuivra jusqu’à ce que celui-ci ai quitté les lieux. Plus la densité d’aeschne est importante plus ce genre de rencontre brutale est fréquente.

D’autres espèces de libellules sont également prises pour cible. Cette libellule à quatre tâches en a fait la triste expérience. Le mâle d’aeschne des joncs l’a violemment plaqué à la surface de l’eau et l’a maintenu quelques secondes avant de s’envoler. La libellule à quatre tâches est restée inerte quelques instants puis à réussi à décoller.

Attaque du mâle d’aeschne des joncs sur une libellule à quatre tâches… Celle-ci s’en est sortie indemne !

Chez cette espèce, l’émergence n’est pas synchronisée, c’est-à-dire que toutes les larves ne vont émerger le même jour à la même heure (ou presque…), elle est étalée dans le temps.

Ailes ouvertes, prête au décollage !

Ainsi, pendant que j’observais les mâles matures en vol, j’ai découvert plusieurs aeschnes des joncs en fin d’émergence dans la végétation aquatique !

Certaines étaient prêtes à s’envoler, faisant sécher les dernières gouttes de l’averse précédente alors que d’autres en avaient encore pour une heure ou deux avant de pouvoir prendre leurs envols.

Pouvoir observer de près ces grandes aeschnes si farouches une fois mature n’arrive pas tous les jours !

Gros plan sur l’aeschne des joncs toute neuve !

Leurs couleurs ne sont pas encore celles des individus plus âgés de quelques jours. Avant cela, elles iront passer un peu de temps dans les alpages alentour avant de revenir vers le lac, aptes à se reproduire.

Le lac Guichard, un lac tourbeux aux berges végétalisées, très favorable à l’aeschne des joncs !

 

 

1 pensée sur “L’aeschne des joncs : portrait d’une libellule d’altitude !”

  1. Ah mon dieu elle est magnifique !! C’est vraiment incroyable les couleurs et motifs qu’elles peuvent avoir.

    Très joli portrait tiré, je t’envie de l’avoir par chez toi.

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