Préparer une sortie photo macro. Parce que se lever à 5h du matin pour rien ce n’est pas drôle !

Vous avez vu sur un forum, un site, un blog (celui-ci peut être ;) ) de belles photos d’insectes couverts de rosée au lever du soleil. La belle lumière et les gouttelettes brillantes vous ont donné envie de faire, vous aussi, ce type de photo.

Courageux, vous avez réglé le réveil de façon à être sur le site un peu avant le lever du soleil.

DSC06402
Si la température est trop élevée, la rosée disparait en quelques minutes. Privilégiez les matinées fraiches pour pouvoir en profiter ! Libellule à quatre tâches, 105mm macro.

Le site ? Une prairie où vous voyez souvent voler des papillons et quelques grosses libellules. Ils doivent bien se poser quelque part pour dormir non ? Avec un peu de chance vous les trouverez ce matin !

En arrivant devant la prairie, le ciel se teinte de ses premières couleurs. Vous vous rendez vite compte que la forêt qui borde la prairie va laisser le site dans l’ombre pendant au moins une heure, le temps que le soleil passe au dessus de la cime des arbres. Adieu la belle lumière !

Pas complètement découragé, vous vous mettez en quête des libellules aperçues la veille. Quête qui reste sans résultat. D’ailleurs c’est inutile car ces libellules invisibles sont des genres aeschnes et anax, passant, pour la plupart des espèces, la nuit dans les arbres.

Un peu déçu, vous avez quand même pu photographier un petit argus, placé un peu à l’ombre. La rosée ? Avec cette chaleur, cela fait 30 minutes qu’elle s’est évaporée.

Pourtant, quelques outils et recherches vous auraient permis d’aller directement vers une autre prairie, à quelques kilomètres de là, bien éclairée et riche en petites bêtes où vos photos auraient été sans aucuns doutes meilleurs !

Pour éviter ce genre déconvenue, voyons comment préparer la prochaine sortie macro !

Choisir, connaitre et trouver son sujet !

L’avantage de la macro, la proxiphoto ou plus généralement de la photo de d’insectes et de fleurs c’est qu’il est possible d’en faire dans un temps assez court. Une sortie de deux heures dans un site favorable vous offrira des dizaines d’opportunités, ce qui est rarement le cas pour le photographe d’oiseaux ou de paysage ou le travail de repérage est beaucoup plus important.

DSC08625
Ne cherchez pas l’ascalaphe en forêt, il ne se trouve que dans les milieux secs bien exposés !

Cependant, vous aurez probablement envie, tôt ou tard, de vous intéresser plus sérieusement à une espèce, un groupe d’espèces ou de réaliser une photo bien particulière et c’est ici que les choses deviennent plus intéressantes.

Choisir et connaitre son sujet : quelques outils.

Vous avez photographié un très bel insecte. Vous savez qu’il s’agit d’un papillon mais vous ne connaissez pas l’espèce. Ici l’outil numéro 1, l’absolument indispensable c’est le guide d’identification !

  • le guide.

Il en existe pour chaque ordre d’insectes, de plantes, d’oiseaux, de poissons… Il y a des guides pour tout ce qui vit ou presque !

Il existe forcement un guide concernant vos sujets, sans oublier les monographies traitant d’une espèce en particulier !

Ce guide d’identification regroupera, pour cet exemple, l’ensemble des espèces de papillons de France continentale ainsi celles de Belgique, du Luxembourg voir de l’Europe et d’Afrique du nord suivant les éditions.

Vous y trouverez des clés d’identifications pour identifier votre papillon inconnu allant des critères les plus simples (le papillon est grand et jaune ou petit et bleu) au plus complexe (il a 5 rayures brunes sur chaque antenne).

En plus de l’espèce, il vous donnera également des informations utiles sur l’espèce comme son milieu de vie et sa période de vol mais nous verrons cela un peu plus loin.

  • Les sites et forums consacrés aux différentes espèces.

Il existe sur le net plusieurs sites et forums où vous pourrez trouver des informations sur l’identification de votre papillon mystère.

Si en théorie ces sites vous permettent de vous passer de guide papier, il en va tout autrement en pratique. En effet ils ne proposent pas ou peu de clés d’identifications. Il vous faudra donc naviguer entre les différentes familles et les multiples photos en espérant tomber sur votre papillon ce qui peut être très long.

Concernant les forums, il est préférable d’avoir identifié au moins grossièrement votre papillon. Il est probable que ce soit une espèce commune et débarquer sans avoir fait le moindre effort de recherche ne donnera pas une bonne image de vous et n’apportera pas toujours de réponses constructives.

Trouver son sujet

Une fois de plus, le guide d’identification sera votre meilleur allié ! En plus des critères de détermination des espèces, il vous fournira des informations sur leurs habitats et leurs comportements, leurs présences dans votre département et les périodes de l’année les plus favorables aux observations.

Il vous sera donc assez simple de trouver quelles espèces se trouvent près de chez vous et quand les voir.

DSC09897
L’apollon ne se trouve que dans les massifs montagneux au dessus de 1000m d’altitude. Inutile donc de le chercher en Bretagne 😉

Une petite recherche internet sur le nom d’une espèce et votre commune/département/site naturel préféré, peut être aussi intéressante. Parmi les résultats vous trouverez peut être des études naturalistes, des sites, blogs et autres forums vous donnant les lieux d’observation exacts. Cela peut vous faire gagner un temps précieux !

Dans la même idée, la Ligue pour la Protection des Oiseaux a mit en place, pour de nombreux départements et régions les sites de partage de données naturalistes “faune-lenomdelaregion”.

Par exemple : http://www.faune-lorraine.org

Vous y trouverez les observations faites durant les 15 derniers jours avec des localisations plus ou moins précises. N’y cherchez pas les espèces rarissimes ou exceptionnelles, ces données sont protégées pour éviter un afflux d’observateurs (et de photographes ;) ).

Si le coeur vous en dit, inscrivez-vous et communiqués vous aussi vos observations !

Dernière précision : une fois votre lieu de prospection trouvé, vérifié son accessibilité. Ce peut être une propriété privée ou un site protégé (Réserve Naturelle, Parc Naturel National…). Un petit coup d’oeil à la réglementation peut être utile !

Le site et la lumière !

Si votre futur sujet n’est présent que sur un seul site alors vous n’aurez pas de choix. En revanche, s’il est présent sur plusieurs sites vous pourrez choisir celui où se trouvera la plus belle lumière !

Un coup d’œil sur une carte IGN (par exemple ici : http://geoportail.gouv.fr) vous donnera quelques indications. Par exemple, si vous comptez profiter des lumières du matin et du soir, éliminez les sites trop encaissés, ne voyant le soleil qu’à partir de 10h ! De même, tout obstacle (bâtiment, falaise, montagne…) situé à l’est ou l’ouest vous privera peut être de la lumière du matin ou du soir.

Concernant les arbres, il peut être nécessaire de se déplacer. Une forêt peut laisser passer de beaux rayons de lumière comme être complètement opaque et cela, la carte ne vous le dira pas.

DSC07999
Emergence de libellule. Bien que l’étang soit entouré d’arbres, ceux-ci laissent passer une partie de la lumière.
Trouvez son sujet (sur le terrain).

Ca y est, vous y êtes ! Au bon endroit, le bon jour, la bonne heure avec la bonne météo ! Ouvrez grand les yeux, votre sujet n’est pas loin !

Pour le trouver, il n’y a plus qu’à chercher, en marchant doucement et en observant tout autour de vous.

En ce bel après-midi, la nature est très active. ça vole, chante, bourdonne, fleuri un peu partout. La lumière est très forte, peu propice à la photographie mais ce n’est pas grave car vous n’êtes pas la pour photographier mais pour prospecter !

Voila ! Vous voyez votre sujet ! D’une certaine manière, le plus dur est fait.

Débute maintenant une phase d’observation : il s’agit de connaître les habitudes de votre sujet. Quel est son territoire, quel chemin emprunte il pour le parcourir, si il vole, se pose t’il souvent et où etc…

Ces observations sont précieuses, elles permettent de repérer les individus évoluant dans un environnement photogénique, d’observer l’évolution de la lumière, de repérer un sujet en particulier et d’imaginer quelles photos vous pourriez faire.

DSC09004
La leucorrhine à gros thorax est une espèce assez rare, vous avez peut de chance de la trouver par hasard. Une recherche approfondie sur les sites occupés par l’espèce vous fera gagner un temps précieux !
Photos et météo !

Pour finir, une évidence : pensez à consulter les prévisions météo avant de partir. Couverture nuageuse, soleil, pluie et aussi vent sont autant de facteurs qui affecteront votre sortie et détermineront les photos que vous pourrez faire. Il est possible de réussir dans photos quel que soit le temps qu’il fait, il faut juste un peu d’imagination.

Vous êtes maintenant prêt à photographier ! Cette fois vous serez dans la bonne prairie ou au bord de la bonne mare devant un sujet idéalement placé !  Pour la technique, je vous renvoie à quelques articles de ce blog :

Bonnes photos !

 

1 pensée sur “Préparer une sortie photo macro. Parce que se lever à 5h du matin pour rien ce n’est pas drôle !”

  1. On ne le dira jamais assez, les sorties photo, ça se prépare. Il y a du boulot en amont ! ;-)
    Belle page bourrée de conseils avisés. Merci pour le partage !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge